Non à la suppression de l’IPSI ! Cette suppression va avoir des conséquences lourdes pour les mutés à St Martin !

, par  Laurent Bayly

A l’approche de l’intra les sections SNES de Saint Martin tiennent à avertir les enseignants qui envisageraient de demander leur mutation sur l’île.

La rentrée s’annonce particulièrement difficile sur le plan financier pour ceux qui arriveront en septembre 2011. Le Premier Ministre n’a en effet prolongé l’Indemnité Particulière de sujétion et d’installation (IPSI pour les intimes) que jusqu’au 30 juin. Cela revient à une suppression de fait pour ceux qui prendront leur poste au delà de cette date. Autant le dire tout de suite à partir de septembre il deviendra financièrement pénalisant pour un enseignant de venir travailler à Saint Martin.

La vie est aussi chère que décrite l’an dernier (voir l’article « St Martin en connaissance de cause » sur le site du SNES de Guadeloupe). On est aujourd’hui à plus de 1000 euros pour une maison avec trois chambres. Les prix de l’alimentaire n’ont pas baissé. A qualité égale, il n’est pas moins cher de faire ses courses en dollars côté hollandais. Ajoutez un prix prohibitif de l’eau (7 € le m3) et la quasi obligation, vu le manque de places, si vous avez des enfants en bas âge, de les scolariser en maternelle privée (300 euros/mois et par enfant environ), au moins la première année, vous aurez un tableau assez fidèle du quotidien saint- martinois. Toutes ces postes de dépenses sont bien sur moins élevés en Guadeloupe pour exactement la même rémunération. Le coût d’une installation deviendra à notre avis prohibitif, particulièrement pour des jeunes dont le début de vie professionnelle sera lourdement affecté en cas de mutation. Ce sera pire encore en cas d’affectation à St Barthélémy où le coût de la vie est encore plus élevé.

Seule éclaircie, on passe tout de suite résident fiscal avec un abattement de 10% supplémentaire (acquis avant la suppression de l’IPSI).

Quelques jours après les résultats des mutations inter académiques nous savons d’ores et déjà que certains établissements vont connaître un fort taux de départ, particulièrement d’enseignants chevronnés que l’IPSI avait permis de stabiliser en plus grand nombre à St Martin. Nous prévoyons que la situation sera très tendue : certains départs ne seront pas compensés, plus d’élèves vont se retrouver sans enseignants d’autant que le vivier local de contractuels est insuffisant, par exemple en lettres mais aussi en… anglais, un comble pur une île anglophone. Nos conditions d’enseignement risquent donc de se dégrader alors que le taux d’encadrement des élèves est déjà très bas par rapport à la Guadeloupe, elle même en deçà des moyennes nationales. Les effectifs sont en augmentation et désormais les collèges de Soualiga et de Quartier d’Orléans sont au maximum que le LPO et le collège du Mt des Accords ont largement dépassé depuis longtemps. Le quotidien professionnel des enseignants, particulièrement en collège et à la SEP est difficile : bagarres à répétition entre élèves, incivilités et agressions physiques envers les enseignants, souvent minorées dans les discours officiels. Encore une collègue frappée ces dernières semaines dans l’exercice de ses fonctions.
Ajoutons que les enseignants affectés à St Martin l’an prochain seront des jeunes, avec donc les rémunérations les plus faibles, que le rectorat aura obligé à venir. Mutés contre leur gré, sans réelle formation (merci la reforme !) matraqués sur le plan financier, ils n’auront de cesse que d’essayer de partir.
Nous estimons très préjudiciable que le Premier Ministre, avec l’aval de la Collectivité, majorité et opposition, (c’est dire si on veut de vous ici !) ait décidé de supprimer d’IPSI, de surcroît sans aucune réflexion sur une des mesures de remplacement. Nous considérons que la situation de l’éducation à Saint Martin requiert l’affectation d’enseignants qualifiés, formés pour en relever tous les défis et que ces enseignants seront en nombre insuffisant pour assurer un service public d’éducation de qualité. La logique de réduction des coûts de messieurs Châtel et Fillon soutenus par le pouvoir local UMP risque de mener à une catastrophe pédagogique à Saint Martin.

Pour leur part le SNES et les syndicats de la FSU sont les seuls à sonner l’alarme et interviennent déjà à tous les niveaux pour obtenir le maintien de l’IPSI mais aussi une vraie réflexion sur l’éducation à Saint Martin, les conditions de travail et de rémunération de tous les enseignants.

Sauf à être étendus très rapidement nous ne pouvons que vous conseiller de ne pas venir à Saint Martin à la rentrée 2011.